Philosophies, religions et croyances au Vietnam - Parfum d'Automne Philosophies, religions et croyances au Vietnam - Parfum d'Automne Philosophies, religions et croyances au Vietnam - Parfum d'Automne
Vue aérienne de Bai Dinh, Ninh Binh, Vietnam

Philosophies, religions et croyances au Vietnam

Vous préparez un voyage culturel au Vietnam ?

Vous souhaitez en savoir plus sur la spiritualité des vietnamiens ?

Parfum d’Automne vous présente les principales croyances et religions du Vietnam:

Bouddhisme, Confucianisme, Taoisme, Caodaisme et Christianisme

 


 

Les croyances des vietnamiens sont complexes, elles superposent plusieurs philosophies intégrées à leur culture au fil du temps.

Nous avons vu dans notre histoire contemporaine du Vietnam qu’il y a eu un « boom » de la pratique spirituelle après le doi moi (période d’ouverture du pays commençant en 1986). Cela a même été encouragé par l’Etat vietnamien qui a fait d’Ho Chi Minh une figure mystique.

Les pratiques spirituelles prennent ainsi toujours une grande place dans la vie des vietnamiens. L’influence de l’ère chinoise y est pour beaucoup. Le peuple vietnamien est toujours instruit de ce qui a été nommé « les trois enseignements » ou « Tam Giáo » en vietnamien, c’est-à-dire l’enseignement du confucianisme, du bouddhisme et du taoïsme. Ces enseignements forment un syncrétisme qui dicte toujours la vision de la vie, de la mort et de la manière de se comporter des vietnamiens aujourd’hui.

Nous décrirons de manière succincte ci-dessous ce que recouvre chacune de ces croyances. Vous aurez également des informations sur la présence de la religion chrétienne et sur une religion spécifique au Vietnam, le caodaïsme.

 

Le bouddhisme au Vietnam

Originaire d’Inde, la philosophie bouddhiste s’est étendue ensuite vers l’ère chinoise pour s’implanter durablement dans la région. Cette philosophie a même était un temps « religion d’Etat », sous la dynastie Ly entre 1 010 et 1 214 en Chine. Les moines bouddhistes pendant plusieurs siècles étaient des conseillers du Roi et avaient une place privilégiée à la « cour » de ce dernier.

Outre la croyance dans le karma (« je suis déterminé dans cette vie par ce que j’ai fait / été dans ma vie antérieure »), le bouddhisme enseigne les manières vertueuses de se comporter. Il y a ainsi des « bonnes » manières de penser, de voir, de parler, de se conduire, de méditer etc. Dans le bouddhisme, le temps est circulaire, il n’y a pas de début ni de fin mais les actes ont toutes leur importance et détermineront les vies ultérieures.

Tout au long de votre voyage du Nord au Sud du Vietnam vous verrez et visiterez de nombreuses pagodes, notamment celle de Tran Quoc à Hanoi, la plus ancienne de la capitale, construite sous l’empereur Ly Nam Dê au 6ème siècle après Jésus Christ.

Le bouddhisme est aujourd’hui célébré comme une force de la nation vietnamienne, qui l’a aidé par ses enseignements à lutter pour sa liberté. Ainsi, si Etat et religion sont séparés, le bouddhisme est aujourd’hui investi d’un rôle dans la construction nationale, ce qui n’était pas le cas il y a encore quelques dizaines d’année. Une « Eglise bouddhique du Vietnam » existe même et tient régulièrement ses congrès (le dernier a eu lieu en 2017).

 

Pagode Tran Quoc à Hanoi, Vietnam

Pagode Tran Quoc à Hanoi, Vietnam. Crédit photo: Mathieu Arnaudet

 

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Le confucianisme au Vietnam

Le confucianisme, lui, n’a ni livre sacré, ni lieu de culte, ni clergé. Il est un pur enseignement de moral. L’enseignement amènerait à vivre heureux en harmonie avec la société.

La morale de Confucius, qui a vécu au 5ème siècle avant Jésus Christ, est à destination de tous les individus, hommes du peuple et hommes de pouvoir. L’homme doit ainsi se conduire en respectant 5 vertus que sont la bienveillance (humanisme), la droiture (respecter ce qui est juste et non pas de son intérêt en toutes circonstances), la bienséance (respect des rites), la sagesse (distinguer le bien du mal et rationaliser) et la sincérité (savoir être digne de confiance). En plus de ces vertus cardinales, le confucianisme définit clairement les rôles dans la société afin que celle-ci évolue en harmonie. L’individu n’est pas libre, il est assujetti à son rôle lié à sa place dans la société. L’obéissance a une place importante dans la philosophie sociale du confucianisme. Il n’existe pas de place dans la société où l’on n’obéit pas : le sujet doit obéir au Roi, le fils au père, le cadet à son aîné et la femme à son mari.

Cette morale irrigua les relations sociales au Vietnam à partir du 1ère siècle de l’ère chrétienne sous domination chinoise. Son influence grandira, même après la fin de la domination chinoise. C’est au 11ème siècle que « le temple de la littérature » sera construit afin d’éduquer les « fils de la nation » (Quốc Tử Giám), gardiens de la tradition confucéenne. Cet enseignement durera jusque 1915 !

Après une période où le Confucianisme fut mis au ban du fait de la politique de « table rase » du Parti Communiste Vietnamien, il connut, avec les autres croyances, son renouveau après 1986 et l’ouverture du pays. Néanmoins, au fur et à mesure que le pays se développe, que l’enseignement se diversifie et que les types de relations sociales évoluent, le confucianisme apparaît de plus en plus comme une résonance d’un passé traditionnel, hiérarchique et autoritaire. Le Confucianisme est ainsi assimilé aujourd’hui à respect de la tradition, ce qui dans un Vietnam résolument tourné vers l’avenir, provoque nécessairement des frictions entre ancienne et jeune générations.

Le Confucianisme renvoie ainsi à une société figée, tournée vers la sauvegarde de la tradition, alors que la jeune génération d’aujourd’hui est dynamique et curieuse de découvrir de nouveaux horizons.

Restent néanmoins l’enseignement des valeurs que doivent guider l’action de l’homme et ceci apparait toujours comme une boussole importante dans les changements des temps présents.

 

Temple de la Litterature, Hanoi, Vietnam

Temple de la Litterature, Hanoi, Vietnam. Crédit photo: Mathieu Arnaudet

 

Le Taoïsme au Vietnam

Cet enseignement, né en Chine dans le même temps que le Confucianisme, apporte une dimension mystique et métaphysique au Tam Giáo vietnamien. Alors que le Tao (le chemin) n’était à ses débuts qu’un enseignement assez floue, il est devenu au fil du temps et au fil du travail des disciples de Lao Tseu (à qui on doit la paternité de cet enseignement), une véritable religion incluant un panthéon de dieux à qui il faut s’adresser à travers des cultes et des rituels pour espérer gagner l’immortalité. Le principal dieu étant Ngoc Hoang ou Empereur de Jade qui dirige des Cieux toutes les autres divinités.

Nous vous conseillons de visiter la Pagode de l’Empereur de Jade qui a été construite au début du 20ème siècle par la communauté chinoise établie à Ho Chi Minh Ville (à l’époque Saigon). Vous en apprendrez plus sur le panthéon des dieux et la religion Taoïste.

Il est clair que la culture vietnamienne s’est inspirée de la religion Taoïste pour créer également le culte des ancêtres et son propre panthéon de dieux et de grands personnages historiques divinisés. Vous verrez ainsi, dans toutes les maisons vietnamiennes, des autels dédiés aux ancêtres et aux esprits protégeant les lieux. Les « fantômes » ont ainsi une place importante dans la spiritualité des vietnamiens ! Beaucoup de festivals se tenant au Vietnam, notamment après le Têt (nouvel an vietnamien), sont dédiés à un esprit particulier. Les croyances dans ces esprits mais aussi dans la voyance, la géomancie ou l’astrologie tiennent une place importante dans la culture populaire vietnamienne.

 

Temple de l'Empereur de Jade à Ho Chi Minh Ville, Vietnam

Temple de l’Empereur de Jade à Ho Chi Minh Ville, Vietnam

 

A côté de ces croyances qui structurent la vie de la plupart des vietnamiens, existent d’autres religions comme le christianisme ou le caodaïsme. Commençons par parler de cette dernière, unique au Vietnam.

 

Le Caodaïsme au Vietnam

Ce mouvement, aussi appelé “bouddhisme rénové”, est né dans le Sud Vietnam et prend sa source dans une révélation qu’aurait connu M. Ngô Văn Chiêu au début des années 1920 pendant une séance de spiritisme. Cao Dai Tien Ong (“être suprême” en vietnamien) lui serait apparu et lui aurait ordonné la création de la religion.

Cette religion a comme principale caractéristique d’essayer de faire une synthèse des religions qui la précédèrent en Occident et en Orient.  Ainsi le temple caodaiste, dont le “saint siège” se trouve à Tay Ninh à 80 km d’Ho Chi Minh Ville, accueille les croyants de toute obédience. Le plus important étant de trouver la paix dans la pratique spirituelle.

La religion a ses propres guides spirituels, des personnes ayant vécu de manière profonde leur spiritualité. Outre les fondateurs des grandes religions comme Jésus, Mahomet ou Moïse, se côtoient aussi Jeanne D’Arc ou encore Victor Hugo qui, exilé à Jersey vers 1850, essayait de contacter sa fille décédée à travers des séances de spiritisme.

Toujours dans un esprit de synthèse, les adeptes ne célèbrent pas un mais deux dieux, un homme appelé “Via Duc Chi Ton” et une femme portant le nom de “Hoi Yen Dieu Tri Cung“. Les fêtes les célébrant se déroulent au début de l’année lunaire, entre le 8 et le 15 janvier lunaire. C’est certainement à ce moment là qu’il faut aller visiter le temple de Tay Ninh: une grande partie des adeptes s’y rassemblent dans une ambiance haute en couleur.

Plusieurs autres temple existent au Vietnam, notamment un à Danang. Cette photo vous montrer l’intérieur d’un temple caodaiste.

 

Cérémonie à l'intérieur du temple Caodaiste de Danang, Vietnam

Cérémonie à l’intérieur du temple Caodaiste de Danang, Vietnam. Crédit photo: Mathieu Arnaudet

 

Pour en connaitre davantage sur les prières, veuillez vous référer à cet article du New York Times.

 

Finissons ce panorama des croyances au Vietnam avec la religion chrétienne comptant près de 6 millions d’adeptes.

 

Le Christianisme au Vietnam

La foi chrétienne se divise en deux principales branches: le catholicisme et le protestantisme. Ces deux branches sont bien représentées au Vietnam.

La foi catholique est revendiquée par 6 à 7% de la population vietnamienne, ce qui en fait la 2ème plus grande population catholique en Asie du Sud Est derrière les Philippines dont plus de 80% de la population se déclare catholique.

Les premières conversions des vietnamiens à la foi catholique datent du milieu du XVIIème siècle quand Alexandre de Rhodes et des missionnaires s’implantèrent dans ce qu’ils appelèrent le “Tonkin”. Des vagues de missions catholiques, emmenées notamment par les Missions Etrangères de Paris qui ont pour but premier l’évangélisation, s’implantèrent successivement. Les missions francaises ne furent pas les seules puisque d’autres congrégations comme les Dominicains espagnols évangélisèrent également le pays. Suite à la laïcisation de l’Etat francais, les congrégations au XIXème siècle durent s’organiser elle mêmes. Elles y réussirent plutôt bien puisque c’est au cours de la première moitié du XXème siècle que le nombre de croyants augmenta. Après la défaite francaise de 1954, un grand nombre de catholiques dut quitter le Nord pour le Sud Vietnam. A la réunification du pays en 1975, bon nombre de catholiques préfèrent fuir leur pays (boat people) plutôt que de se soumettre au pouvoir communiste. Tous les séminaires furent alors en effet fermés et ne rouvriront qu’en 1986 quand la politique du “renouveau” (doi moi) fut mise en place.

Le nombre de catholiques aujourd’hui au Vietnam n’est pas négligeable et leur poids, démographique, politique, a son importance. Ainsi,  en mars 2018, l’enterrement de l’archevêque d’Ho Chi Minh Ville, Mgr Mgr Paul Bui Van Doc rassembla plus de 10 000 personnes dont les plus hauts notables locaux du Parti Communiste Vietnamien.

 

Eglise catholique dans la province de Nam Dinh, Vietnam

Eglise catholique dans la province de Nam Dinh, Vietnam. Crédit photo: Mathieu Arnaudet

 

Si le catholicisme fut clairement représenté par la France coloniale, le protestantisme, lui, s’implantera plus tardivement et grâce à la présence anglophone. La Christian and Missionary Alliance (CMA), une mission évangélique protestante américaine, s’implantera en 1911 à Danang. Les autorités francaises en place à l’époque autoriseront la présence de plusieurs pasteurs. Leur nombre augmentera progressivement ensuite. L’influence anglosaxonne s’estompera petit à petit et nombre de protestants francais viendront s’implanter aussi en Indochine.

Comme les catholiques, les protestants seront persécutés après la réunification du pays, obligeant tous les Pasteurs étrangers à fuir le Vietnam.

L’Atlas Operation World de 2010 évaluait le nombre de protestants au Vietnam à environ 2 millions. La grande majorité y serait évangéliste.

 

Sources et références de l’article

Sur le bouddhisme:

Nguyên Thë Anh, “Le bouddhisme dans la pensée politique du Viêt-Nam traditionnel,  Bulletin de l’École française d’Extrême-Orient  Année 2002  89  pp. 127-143

Sur le confucianisme :

Confucius, Entretiens, Broché, 2014

Sur le taoïsme:

Taoism – a part of the Tam Giao (Three Religions) of Vietnam

Sur le Caodaisme:

The “Holy Land” of Caodaism, Vnanet, 2017

Sur le catholicisme:

Le catholicisme au Vietnam, site web Au Fil de la Pensée

Les chrétiens sous surveillance, émission de KTOTV, 2018

Sur le protestantisme : 

Des protestants au Vietnam, Regards Protestants, 1er Juin 2015

Jean-Paul Willaime, « Le Vietnam au défi de la diversité protestante », Social Compass, 57 (3), 2010, p.313-331.

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Mathieu Arnaudet

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